14 mars 2006

MEDEF, mon amour !

Attention, z'amis lecteur ... ce qui va suivre est un texte chiant. Une nième réaction épidermique suite à la lecture d'une nième connerie du Medef. Si tu ne veux pas lire mes énervements, mes crétineries, je t'invite à t'arrêter là. Sinon, ..., je t'aurais prévenu.



Les valeureux membres du Medef, demandent à ce que l’on discute globalement du marché du travail. Tiens, quelle étrange idée. En clair, ils souhaitent l’abolition du CDI (le contrat de travail de droit commun), et la création d’un contrat de travail proche du CPE pour tout ce qui est précarité et flexibilité (c’est mieux que précarité … mais c’est Kif, kif …).
Mais si je ne m’abuse, ils n’ont pas de CPE, de CNE ces blaireaux là. Non. Bien au contraire, ils ont des contrats les blindant au maximum (indemnités gargantuesques, Golden parachutes, Stock options en veux tu en voilà, …). Avouons, que ce n’est pas le cas de tous les dirigeants de sociétés, …, mais par contre, c’est le cas de tout ceux que l’on entend à longueur de journée nous rabattre sempiternellement que le CDI y’en a marre … Que ne pas pouvoir se débarrasser de ses employés comme on le souhaite, et pour pas un rond, c’est pas normal.
Ben moi je dis que si c’est normal. Limite je serais pour un accroissement de la protection salariale dans ce domaine. Je m’explique. Moi j’ai été viré avec un coup de pied au cul, sans aucune indemnité, sous un prétexte montée de toute pièce (qui méritera une plainte en diffamation quand le temps sera venu). A l’américaine. Et c’est tout à fait légal en France. La seule chose d’illégale c’est le motif. Mais pour obtenir gain de cause, les salariés dans mon cas (de plus en plus nombreux depuis que le « pseudo vide » juridique a été découvert par des petits juristes de merde à qui je souhaite seulement autant de bien que cela m’a fait …) ne peuvent que porter plainte aux prud’hommes. Et quand on connaît la durée de traitement et le coût d’une telle procédure, une bonne partie ne porte pas plainte. Pour ceux comme moi qui attaque, on sait qu’on en a jusqu’à trois ans dans le pire des cas. Moi j’arrive à ma première année, et j’ai ma première audience début Avril. J’ai quasiment toutes les chances de gagner (Témoignages, preuves à l’appuis, etc.) mais en théorie ce que risque les employeurs est minime. Le licenciement abusif en France n’est puni que d’une indemnité de six mois de salaire. Et puis en cas de victoire du salarié, ils feront appel (sauf rare cas où le tribunal leur passe une avoine). Ils joueront la montre, comme les compagnies d’assurances refusant de rembourser sous des prétextes invraisemblables, poussant les assurés à porter plainte devant les tribunaux, espérant ainsi que le petit assuré ne puisse financièrement suivre face aux coûts prohibitifs de telles procédures.
Bref revenons à mes amis du MEDEF. Je suis contre toutes idées de « flexibilisations » du contrat de travail. Ce n’est pas parce qu’ils pourront virer des salariés sans aucun motif, qu’ils embaucheront plus. Ils monteront des business plan sur deux ans, et fermeront la porte à cette échéance. Il ne faut pas être devin. (Demandez donc à Daewoo ce qu’il en pense … cinq ans d’aides, puis ils ont mis la clé sous la porte.) Et penser remédier à la délocalisation avec un contrat de type CPE n’est qu’une vulgaire connerie mensongère. Car ce n’est pas sur la flexibilité que l’on délocalise, mais bien sur le coût du travail. Entre des salaires mensuelles de 100, 150 €/mois (et je suis généreux pour certains pays !) et le salaire minimum en France, …, le choix ne se fait pas sur le critère de la flexibilité … Non ?
Enfin je m’énerve. Mais cela prouve au moins que c’est bien le monde économique qui dicte à ses pantins, les hommes politiques (Rappelez moi qui finance les hommes politique, les partis politiques et leur campagnes …) les lois et autres orientation à donner à une nation. (Saviez vous que les contrats CNE, CPE sont issus d’une recommandation sur le contrat unique (qui pourrait peut être apparaître cet été si le CPE passe) traînant dans un rapport de l’OCDE, peu réputée pour demander son avis aux salariés).
Quant à avoir conscience que le monde change … qu’ils se rassurent … on le sait. Mais ils devraient comprendre que l’on ne soit vraiment pas chaud pour la régression salariale, sociale qu’ils proposent. Je rappelle à toute fin utile, que la révolution a mis fin à la noblesse et à son droit divin. Que Louis le quatorzième et son droit de vie ou de mort sur ces sujets ne sont plus qu’une page de notre histoire. Et pas la plus glorieuse. Et surtout qu’il existe un texte qui s’appelle les droits de l’Homme. Feraient bien de le relire.

Sur ce les z’amis, désolé de radoter sur le sujet … mais c’est plus fort que moi ça m’énerve. Je vais aller me faire une petite verveine. A plus.

2 commentaires:

Alizarine a dit…

tout d'accord avec toi, parfois j'ai l'impression justement que toute une frange de la france n'a pas digéré la révolution, 1936, tout ça;
et du coup ils se rattrapent maintenant, comme s'ils avaient trop souffert pendant 200 ans

Anonyme a dit…

Ali> Kamarade ...
Effectivement ... 200 ans plus tard ... pas sûr finalement que certains aient tout capté ...